mardi 15 juillet
Quelques mots
"Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi :
ceux qui voudraient faire la même chose,
ceux qui voudraient faire le contraire,
et l'immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire"
Confucius.
lundi 30 juin
Jacob Boehme par Jean-Marc Vivenza
A vos radios et cette fois c'est certain !
Samedi 12 Juillet de 23h00 à Minuit, sur France Culture.
L'Emission LES VIVANTS ET LES DIEUX : Jacob BOEHME Avec Jean-Marc VIVENZA.
Emission réalisée par Isabelle Yhuel. L'un des plus grands penseurs du XVIIe siècle allemand, Jacob Boehme, a influencé toute la philosophie de tradition germanique en passant notamment par Schelling et surtout Hegel.Nous tentons aujourd'hui de comprendre les particularités de ce penseur hors-norme.
Jean-Marc Vivenza. Écrivain, philosophe, chargé d'enseignement en philosophie à l'École d'Art de Mulhouse.
dimanche 29 juin
Le Temple de Salomon
Quelques petites réflexions autour du Temple de Salomon, image de l’Homme, dans les rituels.
Dans les Instructions Secrètes aux Grands Profès, il est « recommandé aux Maçons d’étudier avec constance et sans se décourager, tout ce qui concerne le Temple de Salomon; l’époque et la durée de sa construction; le sol sur lequel il fut bâti; le nombre et le genre de matériaux et d’ouvriers qu’on y employa; enfin les diverses révolutions qu’il a éprouvés. Aucun des objets ne fut déterminé en vain; tous tendent essentiellement à retracer l’histoire de l’homme en général, et démontrent des rapports avec le Temple et l’Univers. »
Le chantier ou l’atelier du Temple de Salomon représente le creuset alchimique où les éléments constitutifs d’une materia prima vivante et variée se fondent pour arriver à créer l’Initié. Martinès nous donne des précisions sur cette comparaison : « Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la Sagesse, parce que ce fut dans ce lieu connu sous le nom de Moria que le Temple de Salomon a été construit depuis. La construction de ce Temple figurait réellement l’émanation du premier homme. Pour s’en convaincre, on n’a qu’à observer que le Temple de Salomon fut construit sans le secours d’outils composés de métaux : ce qui faisait voir à tous les hommes que le Créateur avait formé le premier homme sans le secours d’aucune opération physique matérielle. » (Traité de la Réintégration).
Le corps humain est évidemment le premier Temple dans l’ordre de notre perception. Il « figure à » la Loge maçonnique. Il faut le considérer comme « une Loge ou un Temple qui est la répétition du Temple général, particulier et universel », c’est-à-dire les différents niveaux de l’univers selon la cosmologie martinésiste. Mais « si le corps de l’homme est un Temple, il doit donc y opérer un culte ». on pense évidemment aux paroles du Christ : « Détruisez ce Temple, et je le rebâtirai en trois jours ».(Jn. 2,19). Ce principe est repris dans les Conférences de Lyon : « Le Corps de l’homme et le Temple de Salomon sont la répétition de la création et l’image du Grand Temple universel ». Martinès de Pasqually avait écrit : « Adam, par les trois principes spiritueux (Sel, Souffre, Mercure) qui composent sa forme de matière apparente, et par les proportions qui y règnent, est l’exacte figure du temple général terrestre, que nous savons être un triangle équilatéral. » (Traité de la Réintégration).
Cette notion de Temple-Corps de l’homme se retrouve aussi chez Saint-Paul qui écrivait : « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu ? » (1 Cor. 3,16), et : « Ignorez-vous que votre corps est le Temple du Saint-Esprit qui est en vous ? » (1 Cor. 6,19)
dimanche 22 juin
Quelques mots
" Il y a des êtres qui ne sont que temporels, il y en a qui sont éternels, il faut donc qu'il y ait aussi des bénédictions temporelles et des bénédictions éternelles. De plus il y a, dans le temporel même, des êtres qui ne sont que corporels ou sensibles, et il y en a qui sont spirituels et intelligents, il faut donc qu'il y ait aussi des bénédictions corporrelles et des bénédictions spirituelles.
" Ces trois sortes d'êtres, ainsi que ces trois sortes de bénédictions qui leur sont propres, correspondent à la triple émanation, ou à ce nombre ternaire universel, représentatif des trois facultés divines, et c'est parce que toutes ces émanations sont destinées à manifester chacune en particulier, celle des facultés divines qui leur est personnelle, qu'il faut nécessairement que ces facultés divines agissent réellement pour l'entretien, la vie et le signalement spirituel de tout être émané, émancipé et créé."
Louis-Claude de saint-Martin, Traité des bénédictions.
Diffusion Rosicrucienne.
lundi 16 juin
Rose-Croix
Pour tous ceux qui sont en quête d'information sur le grade maçonnique de Rose-Croix je vous conseille d'aller faire un saut sur le site d'Eques a Valle Sancta : avallesancta.canalblog.com. Vous y trouverez une bibliographie et des informations.
Quant à la Rose-Croix, qui n'est plus Maçonnique, un très bon livre : B.A. BA des Rose-Croix, de Jean-Marc Vivenza, Ed. Pardes. L'auteur donne une trame historique à l'apparition de ce "phénomène" rosicrucien. Il faut distinguer le grade de Rose-Croix, maçonnique, de l'état de Rose-Croix.
L'un s'acquiert par un travail et une préparation "Maçonnique", l'autre par l'obtention du Grand Oeuvre. Grand Oeuvre qui donne, qui transforme l'Adepte pour en faire un Rose-Croix.
Certains affirment que tout cela ne fut que le fruit d'étudiants facétieux ou que c'est un réel mouvement. Parfois on s'aperçoit qu'une certaine histoire crève la toile de la réalité pour émerger. Et ce quelque soit son support. Je ne peux résister à vous donner ce fameux manifeste à relire. Manifeste tant empli d'Esprit. Quant aux étudiants facétieux, ils ne furent peut être que les ministres de la volonté divine.
« Nous, députés du Collège principal de la Rose-Croix, faisons séjour visible et invisible en cette ville par la grâce du Très-Haut, vers Lequel se tourne le cœur des Justes. Nous montrons et enseignons à parler, sans livres ni marques, toutes sortes de langues des pays où nous voulons être pour tirer les hommes, nos semblables, d’erreur de mort.
« Nous donnons avis à tous ceux qui désireront entrer en notre Société et Congrégation de les enseigner en parfaite connaissance du Très-Haut de la part duquel nous ferons aujourd’hui assemblée et les rendrons comme nous de visibles invisibles et d’invisibles visibles et seront transportés par tous les pays étrangers où leur désir les portera. Mais pour parvenir à la connaissance de ces merveilles, nous avertissons le lecteur que nous connaissons ses pensées et que, si volonté le prend de nous voir par curiosité seulement, il ne communiquera jamais avec nous, mais si la volonté le porte réellement à s’inscrire sur le registre de notre Confraternité, nous, qui jugeons des pensées, lui ferons voir la vérité de nos promesses ; tellement que nous ne mettons point le lieu de notre demeure en cette cité, puisque les pensées jointes à la volonté réelle du lecteur seront capables de nous faire connaître de lui, et lui de nous. »
Placardé sur les murs parisiens, 1623.
Translitération
PROPOSITION DE TRANSLITERATION DE L’ALPHABET HEBREU
Cet essai de translitération de l'alphabet hébreu servira tous ceux qui tentent de s'y retrouver dans la transcription de l'hébreu en français.
Cela donne un rendu le plus fidèle possible au texte hébreu.
Les critiques, les suggestions et propositions sont les bienvenues.
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Par exemples :
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dimanche 08 juin
Prochaine réunion du Cercle
Bonjour,
Notre prochaine réunion aura lieu le Samedi 14 Juin à 9h40.
Le sujet portera sur Christianisme et religions orientales.
jeudi 29 mai
In Memoriam
Jean-Baptiste Willermoz
Eques ab Eremo
Ayons en ce jour une prière pour Jean-Baptiste Willermoz, eques ab Eremo, mort le 29 mai 1824.
Il fut le "créateur" du Régime Ecossais Rectifié dans lequel il sauvegarda l'essence Martinésiste de l'Ordre des Chevaliers Maçons Cohens de l'Univers.
Né le 10 juillet 1730 dans une famille nombreuse.
Initié en 1750 à la R:.L:. Les Amis Choisis ou L'Amitié, il en deviendra le Vénérable Maître en 1752. En 1753 il fonde la Loge La Parfaite Amitié, dont il en sera le Vénérable Maître.
En 1760, il crée Le Comité des Loges de Lyon.
En 1767 il fait LA rencontre : Martinès de Pasqually à Versailles. Willermoz y sera reçu Chevalier d'Orient et Commandeur d'Occident au sein de l'Ordre des Chevaliers Maçons Cohens de l'Univers. En 1768 il sera reçu Réau-Croix.
En 1773, saint-Martin vivra chez Willermoz pendant plus d'un an. Leçons ou Conférences de Lyon.
En 1778, Convent des Gaules à Lyon, "création de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte" (CBCS) en fait du Régime Ecossais Rectifié.
En 1782, convent de Wilhelmsbad....
....
Le 29 mai 1824. Mort de Jean-Baptiste Willermoz à l'âge de 94 ans.
Il aura su conserver et faire perdurer le dépôt qui lui aura été confié, celui du Haut et Saint Ordre...
« Nous savons tous que le Tout-Puissant plein d'amour et de miséricorde peut, quand il le voudra, faire naître des pierres mêmes des enfants d'Abraham ».
mardi 27 mai
In memoriam
27 mai 1997
Voila bientôt 11 ans que notre regretté F:. Robert Ambelain... a rejoint la circonférence de l'Immensité Divine.
Franc-Maçon éminent de Memphis-Misraïm, qui revivifia l'ésotérisme occidental. Connu au sein du Régime Ecossais Rectifié sous le nomen : eques a Reconciliatione.
In Memoriam Sâr Aurifer, eques a Reconciliatione
dimanche 11 mai
Essai sur le Christianisme Primitif. II et fin
L’Histoire du Christianisme va se raccrocher aux « Actes des Apôtres » souvent remaniés, faut-il le dire, ils invitent à suivre l’expansion du christianisme qui est avant tout « œuvre de l’Esprit ». Malheureusement ces Actes ne recouvrent qu’une partie des premiers balbutiements de l’Histoire du Christianisme Primitif. Les divers autres documents qui ont fini par être tenus pour vrais sont très souvent, étayés de suppositions, ou trop tardifs, et sont plus ou moins enjolivés! Il faut attendre 1873 (!) pour qu’on découvre dans une bibliothèque de Constantinople un livre, un petit livre titré : « Didachè », ou « Doctrine des 12 Apôtres », sans nom d’auteur, probablement ayant vécu à la charnière du 1er et du IIe siècle. Le document émane d’une communauté juive convertie au christianisme. Il y est question de la morale chrétienne, du Baptême, de la hiérarchie intercommunautaire et de vie sociale en général. L’auteur insiste sur la charité, l’hospitalité et le secours mutuel qui doivent être pratiqués. Il écrit que l’unité, la sainteté, l’universalité doivent caractériser l’Eglise et que le symbole de cette unité est « le pain rompu ».
Alinéa en forme de doute ! Aujourd’hui, là, de nos jours, les athées ultra rationalistes nient la personnalité du Christ. Au crédit de leurs dires, l’histoire de Jésus n’est consignée ni dans les actes officiels ni dans les annales de l’empire romain. Les Evangiles relatent des évènements qui par leur côté spectaculaire devraient se retrouver, dans les chroniques de l’époque où ils se situent, il n’en est rien, par exemple: le massacre des nouveaux nés sous Erode, l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, le ciel qui s’assombrit et le rideau du Temple qui se déchire lorsqu’il meurt sur la croix, les flammes
Nouvelle tentative pour trouver le ou les fondateurs de l’Eglise Primitive !
Les « Actes des Apôtres » nous présentent comment l’Eglise primitive a été fondée : d’une manière surnaturelle par l’effusion du Saint Esprit. Dans la relation de sa première prédication, « remplit du Saint Esprit » fondateur, Pierre annonce de la part de Dieu à ceux qui veulent devenir croyants, faire partie de cette Eglise la nécessité d’une repentance, d’une conversion, d’un baptême biblique par immersion dans l’eau, donné, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit. Ce baptême doit être accompagné d’une imposition des mains, d’une onction d’huile consacrée et de la remise d’un vêtement blanc. « Dieu seul sauve et ajoute à son Eglise, par le Saint Esprit, ceux qui deviennent croyants ». (Actes 2.47). « Et ceux là devenaient des membres d’un seul corps (1 Cor. 12.13) « Ils étaient munis des dons de l’Esprit ». (Cor. 12.7-11)
Ce qui se colporte sur ce Jésus de Nazareth, Fils de Dieu et Sauveur des hommes n’est pas sans provoquer des remous, des railleries dans une société où domine une culture à la fois raisonneuse et syncrétiste. Des intellectuels comme Cerce dénoncent même le péril que représentent ces fables qui circulent, pour l’ordre public. Autour de Jacques, se regroupent assez nombreux ceux qui veulent rester attachés aux observances juives, en particulier à la circoncision, c’est ce qu’on a appelé le « parti des hébreux » parti soutenu par les Pharisiens. Antioche la libérale se voit mettre au pilori : « En confondant le peuple élu d’Israël dans la tourbe de toute provenance, qui va forcément envahir l’Eglise, les novateurs d’Antioche tournent le dos aux prérogatives défendues par les membres de la communauté mère de Jérusalem », ils y a abandon de leur part du particularisme juif. « Dès lors, coupées des eaux vivantes du grand fleuve chrétien, s’abreuvant bientôt à des sources maléfiques, les communautés demeurées obstinément judéo-chrétiennes furent condamnées à disparaître dans les sables de l’Histoire ».
L’importance de Jérusalem dans l’émergence du christianisme est évidente, c’est la ville centralisatrice où se décident les conditions d’accueil des païens dans la communauté. Tout part et rayonne de Jérusalem. Dans la tradition d’Israël, Jérusalem est présentée d’ailleurs comme le lieu vers lequel monteront les nations aux temps eschatologiques
Qui sont les Apôtres, leur rôle ?! On trouve le mot « Apôtre » dans la Bible grecque des Septante où il a le sens d’« envoyé plénipotentiaire », il désigne les témoins de la résurrection de Jésus ; on retrouve le mot dans l’Evangile de Matthieu (19.28) où là il désigne symboliquement le peuple de la fin des Temps. Paul fera usage de ce titre quand il sera introduit auprès des Apôtres par Barnabé.
La « Bonne Nouvelle », la promesse d’un Royaume de Dieu se répand comme le feu sur herbe sèche, cette « Bonne Nouvelle » désigne un but à poursuivre, un idéal à promouvoir, désigne un bienfait suprême où se résume le don de Dieu ; (Matt.IV,17, VI,10,33). Quels sont les facteurs qui ont favorisé amplement l’expansion du christianisme : sa vocation universelle et œcuménique, la clarté de sa doctrine monothéiste ; l’organisation rigoureuse de ses communautés; une propagande habile, et puis le fait que cette religion bien qu’orientale ait été très ouverte, tout cela attira; une doctrine sociale hardie la rendit très populaire chez les humbles, les démunis. Les « Actes » parlent d’une mise en commun par les « frères », de leurs biens, l’argent était équitablement réparti, un service aux indigents existait. Cette façon de vivre rappelle fortement la communauté de Qumram qui bien que judaïque était en rupture totale avec le judaïsme officiel jugé impur. Juste un mot : le monastère de Qumram se préparait activement à vivre la fin d’un monde corrompu. Jésus fut très certainement admis au noviciat de la secte lequel durait deux ou trois ans. La communauté Esséniennes pratiquaient un culte spirituel, où il y avait le partage du pain, la charité et la solidarité étaient un devoir, les sacrifices sanglants y étaient formellement exclus, contrairement aux hébreux qui se livraient encore à la coutume du sacrifice de la brebis. Pour Luc le partage des biens matériels était un signe d’une vie chrétienne authentique, « les Biens de la Terre sont à la disposition de tous ».
Une colère de regret :
Le Christianisme Primitif s’inscrivit comme une religion des pauvres, de la main tendue. Hélas « ce beau Christianisme » deviendra avec le temps passant une puissance religieuse intolérante, une puissance financière sans partage, une puissance politique impliquée dans les rouages les plus corrompus de l’Histoire avec en toile de fond ses fastes et ses crimes! Cette mise en commun des richesses prônée par les premiers chrétiens a été reprise au XIXème siècle avec les phalanstères ! Engels trace d’ailleurs un parallèle entre la situation de ces premières communautés chrétiennes et celles des communistes de la Première Internationale.
Petites et grandes nouvelles.
Plusieurs sectes à caractère ésotérique, d’inspiration tout à fait, authentiquement chrétiennes émergent dans la confusion au premier siècle et ont pour Maître secret un certain Apollonius de Tyane, on s’est même demandé s’il n’était pas le Christ lui-même ! Les miracles qu’il accomplissait le désignaient, sa vie exemplaire, son enseignement religieux, à la fois populaire et élevé firent une impression profonde sur les foules, alors, confusion sur les personnages ? Il est d’ailleurs tout à fait impensable que les disciples ne l’aient pas rencontré, il enseignait que l’on honore Dieu par la pureté du cœur. On ne peut passer sous silence un autre personnage, contemporain de Jésus, il s’agit de Simon le Magicien dit aussi Simon le Mage, personnage hors du commun, taxé par les Judéo-chrétiens d’hérétique redoutable, il était originaire de Samarie. Souvenons-nous que les Samaritains étaient considérés par les Juifs comme racialement impurs et schismatiques. Il n’hésite pas à se présenter comme la grande Puissance divine en personne, il n’est pas son envoyé ou son prophète, il EST. Le diacre Philippe le rencontre à Samarie, où « il exerçait la magie et jetait le peuple dans l’émerveillement ». Simon est frappé des prodiges accomplis par les disciples de Jésus, et il jure, lance le défi de ressusciter lui aussi si on l’enterre. Il sollicite et reçoit le baptême. A la suite il aurait demandé à Pierre et Jean le privilège de conférer le Saint Esprit, fut-ce en achetant ce pouvoir ! Mais où cela devient curieux c’est quand il est avancé que Simon le Magicien ne serait en fait qu’une représentation déformée de Paul…
Tout l’enseignement de Jésus, un Jésus gnostique est orienté vers la prise de conscience par l’homme de son identité véritable et de la confiance qu’il doit avoir dans les possibilités de réalisation de son individualité. Jean le Théologien, « le bien aimé du Seigneur » condamnera la catéchèse du rachat des péchés de l’homme par le sacrifice d’un Sauveur.
Les Evangiles (Bonnes Nouvelles) ne sont pas une « histoire » au sens ordinaire prêté à ce mot, ni une géographie, ni une compilation désordonnée de tout ce qu’on pouvait savoir hypothétiquement sur Jésus, se sont des textes dont tous les éléments ont été coordonnés et harmonisés au plus simple, pour des gens simples. Par exemple, dans cet esprit, à l’époque d’Irénée, Tatien (v. 120-apr 173) philosophe païen converti, dans son récit « Diatessaron » harmonise… unifie les quatre Evangiles, naturellement avec sa sensibilité ! Au cours du IIe siècle un certain nombre d’écrits vont être peu à peu rassemblés à droite à gauche pour argumenter la vie du Christ, certains seront laissés de côté parce qu’ils ne font pas à l’examen l’unanimité au sein des communautés, ou qu’ils ne reflètent pas la foi de toutes les Eglises, ces écrits porteront le nom d’« Apocryphes ». Un Evangile apocryphe, celui de Thomas, qualifié de « cinquième Evangile » insiste sur l’importance de la Connaissance, et s’attache aux seules paroles de Jésus, « le Vivant ». Cet Evangile consiste en cent paroles de Jésus. « Pour s’ouvrir à la Connaissance, les hommes doivent avoir au fond d’eux-mêmes la nostalgie de leur Être essentiel », et, avoir cette interrogation : « Qui suis-je ? ». C’est à partir, disons de la première moitié du IIe siècle, que les chrétiens vont se définir avec une certaine unanimité. Ce passage de Justin de Naplouse paraîtra peut-être un peu long, mais il est tellement inactuel qu’il a sa place !
« Autrefois nous prenions plaisir à la débauche, aujourd’hui la chasteté fait nos délices. Nous pratiquions la magie, aujourd’hui nous sommes consacrés au Dieu bon en non engendré. Nous étions avides d’argent, aujourd’hui nous mettons en commun ce que nous possédons, nous partageons avec quiconque est dans le besoin. Les haines, les meurtres nous opposaient les uns aux autres, les différences des mœurs ne nous permettaient pas de recevoir l’étranger dans notre maison. Aujourd’hui après la venue du Christ, nous vivons ensemble, nous prions pour nos ennemis, nous cherchons à gagner nos injustes persécuteurs, afin que ceux qui auront vécu conformément à la sublime doctrine du Christ puissent espérer les mêmes récompenses de Dieu, le Maître du monde ».
Concluons avec quelques passages de cette apologie sous forme d’une lettre adressée à Diognète, qui décrit la vocation et l’existence chrétiennes à une époque où la société païenne est souvent méprisante et hostile, écrit qui est à dater de 190:
« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes […] leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou les rêveries d’esprits inquiets ; ils ne sont pas comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine. [ ] Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel […] Leur âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible » etc.
Une facette importante de cette Histoire Universelle : quelles places les femmes ont-elles occupées dans la société du temps de Jésus ? Les Apocryphes du « Christianisme Primitif » les valorisent, confirment bien qu’elles ont joué un rôle actif dans la vie de Jésus : Elisabeth, la prophétesse Anne, la veuve de Naïm, les femmes qui aident jésus dans son ministère, les femmes qui se lamentaient, ils soulignent l’importante présence de bien d’autres femmes… oui citons encore : Marie de Magdala, Marthe et Marie. Curieusement les Epîtres de Paul ignorent Marie, et méprisent, infériorisent d’une manière générale les femmes ; Paul est misogyne… peut-être pour cette simple raison ? Paul avait acheté une très belle femme dans un lupanar de Tyr, elle lui fit cadeau dit-on d’une maladie qui lui resta comme une écharde dans sa chair. Malgré son ressentiment les femmes vont tenir une place de premier plan dans les fondations pauliniennes. Il faut citer Priscille, Phoebé, ministre de l’Eglise de Cenchrées, Chloé, Apphia, Elodie…
Marc, 16, 6. 7, témoigne: « Alors que tous les disciples masculins auraient fui, trahi ou renié, les femmes auraient été présentes au pied de la Croix et auraient assisté à la mort de Jésus. C’est elles aussi qui auraient accompagné la mise au tombeau et qui, revenant le lendemain sur les lieux aurait trouvé ce tombeau vide. C’est dès lors les femmes qui auraient été les premières à recevoir l’annonce de la résurrection et à s’entendre confier la mission de porter la nouvelle aux disciples de Pierre. (Marc 16, 6.7).
Un coup de tonnerre ! Une découverte fortuite, capitale (?): les documents de Nag Hammadi. Ils sont écrits en copte, ils forment treize volumes sur papyrus ; cachés vers l’année 350, ils sont retrouvés en 1945. Ils seront reconstitués patiemment, étudiés, et encore étudiés, après une très longue période passée dans un coffre fort ! Ces documents, se composent de textes religieux et hermétiques, mais aussi d’écrits qui révéleraient des secrets sur le Christ, des secrets jugés hérétiques par Rome car s’écartant des dogmes et des traditions sur lesquels l’Eglise s’appuie. Ces documents qui datent en gros du 4e siècle n’ont donc rien de vraiment « primitifs », ils ont tendance à faire l’impasse sur certains traits bien humains… trop humains (?) du Christ, relatés par les Apôtres: « Jésus avait un corps humain, il a été parfois fatigué et a connu la faim, il a eu des émotions et des expériences humaines », les Apôtres Jean et Matthieu sont parfaitement clairs sur ces points. Mis à part cela ces documents apportent des renseignent précieux sur un mouvement : le gnosticisme qui intégré au Christianisme lui donne une coloration qui va faire de l’Evangile apocryphe de Thomas, laissé de côté, une pièce maîtresse du Christianisme Primitif. Tout de suite il apparaît que les Gnostiques envisageaient les choses divines comme une connaissance intérieure et secrète transmise par la Tradition et par l’Initiation. L’auteur du cinquième Evangile présente les clés retrouvées d’une Gnose, dont les racines profondes plongent en Orient.
« Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et qu’a écrites Didyme Judas Thomas le Jumeau de Jésus » logions, 13 :
« Jésus dit à ses disciples :
Comparez-moi, Dîtes-moi à qui Je ressemble.
Simon Pierre lui dit : Tu ressembles à un ange juste.
Matthieu lui dit : Tu ressembles à un philosophe sage.
Thomas lui dit : Maître ma bouche n’acceptera absolument pas que je te dise à qui Tu ressembles.
Jésus dit : Je ne suis pas ton Maître, car tu as bu. Tu t’es enivré à la source bouillonnante que Moi j’ai mesurée. Et il le prit, Il se retira, Il lui dit trois mots.
Or quand Thomas revint voir ses compagnons, Ceux-ci l’interrogèrent :
Que t’as dit Jésus ?
Si je vous disais une des paroles qu’Il m’a dites, vous prendriez des pierres,
Vous les jetteriez contre moi Et le feu sortirait des pierres Et elles vous brûleraient ».
Tirons une racine.
La Gnose implique une ferveur qui diminue jusqu’à annuler la distance entre moi et l’Autre. A la limite je suis l’Autre et « si les gnostiques ont proposé du monde une image dualiste, ce n’est pas parce que leur esprit les prédisposait à voir, face à toute entité une entité contraire, mais parce que devant la présence omniprésente et angoissante du mal, il était nécessaire de lui proposer quelque chose ». Elle est fondamentalement « non duel ». Un tel raisonnement allait à l’encontre de toute la prédication apostolique !
La création de notre Monde, son origine:
de l’Être Suprême inconnu vient une série d’émanations ou « aéons » qui sont des êtres spirituels d’un haut niveau capables de communiquer avec l’Être Suprême. Un des aéons inférieurs, qui n’est pas en contact direct avec l’« Être Suprême », va être responsable de la Création. Même si elle n’est pas totalement mauvaise, la Création est comparable à « une sphère » d’où les humains enfermés doivent s’échapper s’ils veulent se réintégrer à Dieu. Jésus enseigne que cette « aventure » est accidentelle, l’homme pourra lui même dans son enveloppe charnelle, connaître la joie de la libération. Le seul moyen qu’il a pour échapper à cette « Création maladroite et douloureuse » c’est la « Gnose » qui amène à la connaissance parfaite du vrai Dieu. Le salut consiste à surmonter l’ignorance qui accable l’homme, il peut y parvenir par sa connaissance de son soi intime. La mission du Christ a été de venir comme émissaire du Dieu Suprême, apporter la Gnose. Pour les Gnostiques, le Christ en tant qu’Être divin n’a pas eu de corps humain, il n’est pas mort, n’est pas ressuscité. Il a soit habité temporairement un homme, Jésus, soit pris une apparence humaine, une simple illusion.
Troublant Evangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 2-10.
Troublant Evangile de Saint Thomas…
« Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Elie leur apparut avec Moïse, et ils s’entretenaient avec Jésus… ».
En écrivant ces lignes des noms de personnages que je considère en charge de messages me sont venus à l’esprit : Boehm, Martines de Pasqually, Louis Claude de Saint Martin, Swedenborg ! Ces personnages furent certainement eux aussi … missionnés… à divers degrés. C’est à la suite d’une lecture que j’ai rencontré celui qui fut peut-être plus grand gnostique paléochrétien du début du IIe siècle : Basilide, un élève de Ménandre, disciple de Simon le Magicien ! Il imaginait 365 cieux habités par des intelligences de différents degrés, il prétendait que le monde avait été créé par des intelligences du dernier ordre. Le Livre alexandrin des secrets d’Enoch parlent lui des 12 étages qui séparent Dieu des hommes, dont 9 lui sont invisibles et forment le Plérome de la Divinité. En notre XXI ème siècle beaucoup de semi chrétiens (?) considèrent Jésus seulement et surtout comme un personnage historique, un illuminé qui a été déifié par la foule. La Tradition juive fait état de plusieurs cas d’enfants nés de femmes s’étant purifiées pour obtenir du Seigneur la naissance d’un enfant missionné. Musulmans et Juifs disent : « Le Messie Jésus » n’est que le fils de Marie.
Je terminerai cette esquisse « resserrée » du Christianisme ou des Christianismes, sur cette profession de foi de Martines de Pasqually : « La chute est universelle. Tous les êtres sont tombés. Se relèveront-ils, se réconcilieront-ils avec le Créateur ? Seront-ils réintégrés dans leurs prérogatives et droits primitifs. Cette réintégration est possible, elle sera universelle. Les esprits qui actionnent et opèrent dans le surcéleste, le céleste et le terrestre, étant destinés à accomplir la manifestation temporelle de la justice et de la gloire du Créateur, ont des puissances et des opérations spirituelles temporelles bornées par leur assujettissement au temps [….] C’est pour avoir fait la volonté de Dieu que Jésus Christ, revêtu de la nature humaine, est devenu le Fils de Dieu lui-même. En imitant son exemple ou en conformant notre volonté à la volonté divine, nous entrerons comme lui dans l’union éternelle de Dieu ».
La communauté chrétienne primitive disparue reste t’il un quelque chose de leur christianisme, l’Eglise catholique « a t’elle fait le ménage? ». D’un imbroglio d’émergences, le catholicisme l’a emporté, il a balayé nombre de croyances, de vérités qui le gênaient comme par exemple la réincarnation. Sur ce sujet Flavius Josèphe notera dans ses écrits que les Pharisiens, se réservaient la possibilité d’envisager une réincarnation. Pour cette croyance on torturera, on brûlera, Rome a pratiqué sur des siècles une sorte de remake romain ! … Oui, il reste le courant Gnostique qui fascine ceux qui s’en approchent, par la lumière qu’il leur permet de distinguer. Pour la Gnose, le Dieu de l’Ancien Testament n’est qu’un ange déchu qui n’a aucune prééminence sur les autres Puissances. Le Dieu de Lumière ne pouvant être créateur des ténèbres, se sont des puissances qui ne connaissent pas Dieu qui ont crée le Monde où nous vivons, qui le gouvernent. Les Gnostiques « chrétiens » voient, concèdent tout à fait comme un moyen valable, et, c’est là une cassure totale avec Rome, de s’ouvrir à d’autres Puissances issues des mystères, grecs, des ancestrales religions orientales, pour redonner à l’homme la pureté qui l’habitait avant Adam et Eve.
« Les temps sont venus. »
« Seigneur, j’ai peur. Mon âme en moi tressaille toute.
Je vois, je sens qu’il faut vous aimer. »
Verlaine.
J.E. M.